Orage à Fausse Cerpe

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Orage à Fausse Cerpe de Bruno Malivert

Dans une ferme isolée du centre de la France, Marie-Jeanne s’est réfugiée avec ses deux filles, Margot, presque adulte, et Garance, âgée de huit ans, accompagnées d’un chien massif baptisé l’Ours. Lorsqu’un inconnu, Danny Massera, se présente sous un prétexte anodin, Marie-Jeanne l’oriente vers une route piégée où il trouve la mort au cœur d’un orage, avec la complicité de Margot et l’aide de Geandreau, un homme du pays secrètement épris d’elle. Mais la violence rattrape bientôt la famille : des hommes envoyés par le puissant Maxime Laumal attaquent la ferme. Marie-Jeanne est abattue, le chien tué, Margot violentée et laissée pour morte, tandis que Garance disparaît avec les assaillants.

Recueillie par une congrégation dirigée par Sœur Christina, Margot grandit avec un passé en miettes dont elle ne conserve que des fragments. Des années plus tard, elle noue avec Marthe, arrivée à son tour dans la communauté, une relation qui glisse de l’entraide vers l’amour. La mort de Sœur Christina bouleverse cet équilibre : en triant ses affaires, Margot découvre que la religieuse avait aidé sa mère à acquérir la ferme, par un arrangement discret auprès d’un parent éloigné. Cette révélation ravive le passé et la pousse à revenir, sous l’identité de Sœur Marthe, sur les lieux de son enfance désormais dévastés.

Là, Margot retrouve Geandreau, qui finit par avouer sa présence le jour du drame et, surtout, son inaction. Cet aveu déclenche une vengeance silencieuse. Au fil de ses recherches, elle croise Machefert, un braconnier en apparence secourable mais en réalité à la solde de Maxime Laumal, et comprend peu à peu que sa mère n’était pas qu’une victime, mais une femme en fuite, poursuivie pour un conflit ancien. Sa quête se cristallise autour d’une urne censée renfermer les cendres de Marie-Jeanne. Franchissant un point de non-retour, Margot tue Geandreau et incendie la grange puis la ferme, sans trouble apparent. Quand le père Faulet lui apprend que Machefert a été retrouvé mort d’une balle dans la tête, l’étau d’une vérité plus vaste commence à se resserrer.

Ce matin d’avril, le soleil levant finissait d’estomper le voile filandreux qui tamisait partout à la ronde la lumière naissante. Avec son clocher d’église pointant sa girouette au ras des brumes basses et ses premiers toits serrés bien sagement les uns contre les autres, le village de La Brousse n’échappait pas à l’imagerie campagnarde commune illustrant certaines boîtes de fromage.

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